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Lièvre commun (Lepus europeus)
Un mammifère aux grandes oreilles
 
Le lièvre commun européen, capucin ou bossu de son petit nom, est à l’origine une espèce des steppes ; ses grandes oreilles noires aux l’extrémités en témoignent. Elles sont d’excellents pavillons acoustiques, mais aussi de remarquables organes de régulation thermique. Ainsi quand il fait trop chaud, le lièvre les oriente face au vent, afin que le sang qui les irrigue se rafraîchisse.
Cet onguiculé (mammifère pourvu de griffes) se reconnaît également à son pelage gris roux et à sa corpulence plus importante que celle du lapin. Les pattes arrières, plus longues et plus fortes que les pattes avant, font de lui un animal adapté à la course.
Symbolisant la dissimulation et la vitesse, ce représentant de la famille des léporidés reste l’un des gibiers les plus appréciés des chasseurs.
Le mâle est appelé bouquin, la femelle, hase et le jeune, levraut. On distingue difficilement les deux sexes même si la femelle est en général plus grande que le mâle. La durée de vie du lièvre est d’environ douze ans.
Sur l’Arche de la Nature, une trentaine de lièvres a été dénombrée en sous-bois et en plaine.
A la recherche de gîtes
 
Le lièvre fréquente les plaines ou la forêt selon les saisons et les conditions atmosphériques. Il est cependant très casanier. On considère qu’un capucin qui s’éloigne plusieurs fois de 500 mètres de son lieu d’origine est déjà un vagabond. Cette fidélité à un territoire d’une superficie d’environ quatre hectares offre de nombreux avantages : une bonne connaissance des lieux de gagnage où se trouve la nourriture, des itinéraires de fuite et des abris, ainsi que des meilleurs gîtes de repos. C’est le plus petit mammifère qui ne construit pas de nid ou terrier. Les gîtes, servant à stocker la chaleur, se trouvent dans des endroits secs, ensoleillés et protégés du vent. Le lièvre ne doit pas y être aperçu de ses ennemis (renard, chouette, chat...) et doit pouvoir utiliser sa vue circulaire.
Un rongeur “caecotrophe”
 
Ce mammifère se nourrit d’herbes des champs et de forêt, de graminées ou de légumineuses. La nuit, il affectionne les cultures mais aussi les pépinières, où il ronge les écorces et les jeunes pousses. Comme le lapin de Garenne, il réingère certaines de ses crottes recouvertes de mucus appelées “caecotrophes”. Celles-ci sont molles, informes et riches en vitamines et subissent un deuxième transit intestinal. Muni d’incisives, le lièvre effectue régulièrement des abroutissements caractéristiques, c’est à dire des coupes nettes en biais sur les pousses d’arbres.
Le “bouquinage” des lièvres
 
L’accouplement se déroule de décembre à août, avec une plus grande activité au printemps. La reproduction donne lieu à une drôle de mise en scène où l’on voit des lièvres s’affronter entre-eux. Attirés par des odeurs de glandes anales que la hase dépose sur le sol, les mâles se retrouvent au milieu d’un terrain découvert. Ce dernier a déjà en général été marqué par un bouquin à l’aide des sécrétions des glandes provenant de ses joues. Les batailles sont assez violentes : touffes de poils arrachées, queue coupée, oreilles fendues sont la conclusion commune des coups de pattes et des morsures. Le vainqueur entame ensuite un rituel de séduction qui est en réalité constitué d’une série de gifles. L’accouplement ne dure que 30 secondes !
Le phénomène de “superfétation”
 
La période de gestation est de 42 jours, mais la hase est apte à se faire couvrir une nouvelle fois quelques jours avant d’avoir mis bas : l’un des canaux de son utérus est prêt à expulser les levrauts alors que l’autre, resté vide, peut recevoir de nouveaux spermatozoïdes. C’est le phénomène de superfétation. En général, la hase peut faire trois portées par an. Chaque portée donne naissance à deux ou quatre petits. Les levrauts qui arrivent au monde sont poilus et voient. Déposés à même le sol, ils devront attendre un an avant d’atteindre leur maturité sexuelle.
 
 
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